Comment lacer ses chaussures : cinq méthodes de laçage et à quoi elles servent

Partager cet article

Il y a plusieurs façons de lacer une même paire de chaussures. Le laçage croisé est le seul que tout le monde connaît, et il ne convient pas à tout. Selon la chaussure et la forme du pied, quatre ou cinq autres laçages règlent des problèmes précis : une paire qui serre sur le dessus, un talon qui glisse, un pied large comprimé, ou simplement l’envie d’un dessus de chaussure net sur une derby.

Le laçage croisé, la référence

Les deux extrémités des lacets partent du bas, sortent par les premiers oeillets, puis se croisent et entrent dans le trou opposé du côté suivant. On répète jusqu’en haut, et on fait le noeud.

C’est le laçage le plus rapide, le plus solide, et celui qui répartit le mieux la tension. Cette technique convient aux baskets, aux chaussures de sport et à tout ce qui doit tenir. Son défaut : il appuie sur le cou-de-pied, et le dessus n’est pas très net sur une chaussure de ville.

Le laçage droit, ou laçage à barreaux

Sur une derby ou un richelieu, c’est le laçage attendu. Les lacets forment des barres horizontales parallèles, sans croisement visible.

Un des lacets part du premier trou à gauche, traverse à l’horizontale, ressort du premier trou à droite, puis monte de deux oeillets à l’intérieur. L’autre lacet fait la même chose en décalé. Chaque lacet monte donc en alternance d’un côté et de l’autre, et tout le croisement se passe sous la languette.

Ce laçage est plus long à mettre en place et se resserre moins bien, mais c’est celui qui donne une chaussure habillée. Il fonctionne sur un nombre pair d’oeillets ; avec un nombre impair, une barre se décale légèrement.

Le laçage caché

Variante du laçage droit, poussée plus loin : le dernier passage se fait vers l’intérieur, et les deux extrémités ressortent sous la languette, où on les noue. Aucun noeud visible.

Cette technique est réservée aux chaussures habillées que l’on enfile sans desserrer les lacets, et aux chaussures que l’on veut photographier. Peu pratique au quotidien.

Le laçage pour pied large

Si vos chaussures compriment l’avant du pied, sautez les croisements du bas. Faites monter les lacets droit, à la verticale, sur les deux ou trois premiers oeillets, puis reprenez le laçage croisé classique au-dessus.

La partie basse de la chaussure s’ouvre alors franchement, et la tension se reporte sur le cou-de-pied, où il y a plus de place.

La même logique à l’envers vaut pour un talon qui glisse : croisez normalement jusqu’en haut, puis passez chaque lacet dans le dernier oeillet du même côté sans le serrer, ce qui forme deux boucles. Croisez ensuite chaque lacet dans la boucle opposée avant de nouer. Ce laçage à boucles, dit du coureur, bloque le talon sans serrer le reste du pied. C’est la technique la plus utile sur une chaussure de running.

Le laçage pour cou-de-pied fort

Le problème inverse : le dessus du pied appuie et fait mal après une heure. Ce laçage consiste à laisser un espace vide au milieu. Lacez en croisé jusqu’à la zone sensible, puis faites monter les lacets tout droit sur deux oeillets, avant de reprendre le croisement plus haut.

La zone sans croisement ne comprime plus. On peut aussi sauter complètement deux trous en vis-à-vis : le laçage tient tout aussi bien.

Le noeud qui tient

Le noeud plat de la chaussure se défait si les deux temps sont faits dans le même sens. Le bon geste : premier tour simple de gauche sur droite, puis les boucles en passant de droite sur gauche. Inversé, il se dénoue tout seul.

Pour une tenue plus sûre, le noeud dit à double enroulement ajoute un tour de boucle avant de serrer. Il tient toute la journée et se défait toujours d’un coup sec sur une extrémité.

Choisir la longueur des lacets de chaussures

La longueur dépend du nombre de paires d’oeillets : comptez environ 45 cm pour trois rangs de trous, 60 à 75 cm pour quatre à cinq, 90 à 120 cm pour six à sept, davantage pour des bottines. Des lacets trop longs se traînent au sol, des lacets trop courts obligent à un noeud minuscule.

Les lacets plats tiennent mieux que les lacets ronds ; les lacets cirés, sur les chaussures de ville, tiennent moins bien mais se salissent peu.